mercredi 12 mars 2014

Appel aux voyageurs

Une hirondelle blanche dans la sierra
Vole avec dans son cœur une boule mimosa.
Je la regarde s'élever, monter dans la nuit.
Au dessous d'elle, une montagne luit,
Elle balbutie.

La fabrique

        frôlements de l'eau fraîche sur la douceur des lèvres tendres
respiration de sa chevelure. odeur de tamarin,
                                                            de plage
                                                                de soleil,
                                                                      de sable.
  flûte et sifflements pointus caressent notre oreille,
   les vagues piaillent au pied de dunes,
          les perruches clapotent dans la grand-rue.
Au croisement de ces routes,
   le mirage du fleuve laisse place
   à un feulement

CRAQUEMENTS !
des pas mouillés d'un fauve de velours
                     qui danse

un claquement SEC et puis ...

samedi 23 janvier 2010

Strass, paillettes et crampons ou la lobotomie volontaire…

J’ai pris conscience d’une chose ce matin en prenant le métro… Il nous semble habituel, si ce n’est normal, de voir régulièrement un sportif faire l’éloge de tel produit. La publicité « sportive » a envahi notre quotidien. Quelque soit le domaine, il y a forcément au moins une grande figure sportive qui met son image au service des grandes entreprises de communication et de publicité. Regardez dans la téléphonie, les cosmétiques (shampooing, déodorant, gel douche,…), les matériaux de construction, les voitures, l’eau et les boissons en général, les barres céréalières… Vous verrez à chaque fois nous avons droit au chapitre « bienfait corporel » de ce produit ou « c’est solide, fiable comme… ». Quelle part des ventes représentent aujourd’hui ces produits ? Impossible de connaître l’impact réel de la publicité sur notre manière de consommer.
Ce phénomène prend sa source au lendemain de la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du Monde en 1998 (que les spécialistes me pardonnent, je ne suis pas experte en économie, ni en sociologie). En ce moment, on parle plus de cet évènement pour montrer un bel exemple d’ « identité nationale », où la fibre « patriotique » de chacun a vibré. Mais on tait, ou du moins on évite, la question des retombées économiques. Certes, on a parlé de l’investissement en matière d’équipements sportifs et l’engouement des jeunes (et moins jeunes d’ailleurs) pour ce sport collectif, avec la hausse des inscriptions dans les clubs, mais tout l’aspect de l’influence sur l’économie à long terme est passé sous silence.
Rappelez-vous… Thuram sous la douche avec son téléphone dernière génération, ou Lizarazu se lavant les cheveux, mais c’est sans doute Henry qui a le plus cultivé son image et profité de cette tendance. Les revenus de nos sportifs atteignent des sommets. Ce qu’on ne dit pas forcément c’est qu’une grande partie vient de cette publicité. Évidemment, on sait qu’ils gagnent des millions par matchs, mais ceci en partie grâce à la présence des sponsors. Les joueurs des « petites » équipes pas ou peu sponsorisées ne gagnent pas autant.
Peu à peu, cela s’est étendu à d’autres sports : le rugby, la natation, le tennis, le golf,… Pour reprendre le slogan du film Invictus (à l’écran à partir de cette semaine): « Le pays avait besoin d’un leader, il leur a donné un champion », nous avons eu des idoles, des objets cultes à vénérer. Cette adoration est alimentée par cette présence dans les médias via la publicité. Les amateurs de sports, qu’ils pratiquent ou non, ne peuvent être que déçus par ce phénomène, qui laisse finalement une plus grande place à l’image, à l’apparence des sportifs, plus qu’à leurs compétences et leurs « exploits » sportifs.
Cet aspect n’est en fait pas seulement présent chez les sportifs, mais chez toutes les personnes ayant une relation avec le public, ceux qu’on appelle « people » - stars de cinéma, de la musique, politiques, sportifs,… -, et plus largement chez chacun de nous. La société actuelle n’est basée que sur l’apparence et possède ces grands modèles à qui on voue un culte. Il faut consommer toujours plus, et surtout rentrer toujours plus dans le moule. Il ne faut surtout ne pas faire de vagues. Il faut être insignifiant, au sens littéral du terme, disparaître dans la masse. Notre unité, notre individualité doivent s’effacer. Ce qui constitue tout de même un sacré paradoxe, avec le monde hyper-individualiste dans lequel nous vivons… Et c’est que cette division que les dominants de notre société jouent. Nous voulons être différents, uniques, tout en ne s’excluant pas de la société; seulement, cela semble incompatible, le regard des autres, conditionné par les canons et les normes en vigueur n’accepte pas cela. Nous sommes donc déchirés entre ces deux envies, être ce que nous sommes et être comme les autres le veulent pour pouvoir vivre sans problème.

mercredi 4 novembre 2009

Feux naître.

Pour S.


Verre. Bois.
Sable et arbre.
Je vois la vie quadrillée de verre.

***

Croyez-vous que les fenêtres ont des ailes ? Moi, oui. Des ailes lourdes, grasses, collantes. Elles se posent à un endroit et ont beaucoup de mal à décoller. Chacun a sa fenêtre. Sa fenêtre sur le monde. On l'ouvre quand le souhaite. On la ferme quand on ne veut plus entendre le brouhaha du monde.
La mienne est juste un peu entrouverte. Juste assez pour entendre le murmure du vent, le chuchotis de l'humanité.
D'un seul coup, son rire l'ouvre complètement. Son rire que j'ai n'ai pas entendu depuis longtemps. Je l'avais presque oublié.... me penche pour regarder dehors. Je vois la bouche d'où sort son rire. Ses yeux se plissent quand ce rire brille. Ça fait du bien, ce rire. Même si je ne le partage pas. Il a l'air de bien se porter, ce rire.
Faudrait que j'aille voir. Mais bon, sauter par la fenêtre, c'est pas facile.
Je me rends compte en regardant mieux que ce n'est pas juste du verre qui nous sépare. C'est eux. Ils se mettent entre nous. Leurs mots nous ont éloignées. Leurs lèvres en remuant, en s'agitant ont bloqué son rire. Je n'entendais que leur bruit. Sa musique ne me parvenait plus. Je m'abreuve de ce rire. J'étais assoiffée. Je ne le sais que maintenant.
Il faudrait que j'ose. J'ai envie de rire, moi aussi. "Pourrais-je à nouveau rire avec toi ?" Ca me manque. Un jour peut-être...
Pour moi traverser la fenêtre, c'est demander pardon. C'est la chose la plus simple à faire et la plus dure à obtenir.
Alors : "Pardon, ça te dérange si je ris avec toi ?"
Ma fenêtre doit avoir les ailes cassées. Je vais la soigner. Peut-être pourra-t-elle s'envoler à nouveau. Peut-être pourrons-nous rire encore. Rien qu'une fois. Une seule toute petite fois. J'ai envie de rire.

lundi 5 octobre 2009

L’animal mange-serrure.

Dans les couloirs de l’hôtel, je le rencontrai qui se promenait avec un petit animal mange-serrure.

Il posait le petit animal sur son coude, alors l’animal était content et mangeait la serrure.

Puis il allait plus loin et l’animal était content et une autre serrure était mangée. Et ainsi de plusieurs et ainsi de quantité. L’homme se promenait comme quelqu’un dont le chez-soi est devenu plus considérable. Dès qu’il poussait une porte, une nouvelle vie commençait pour lui.

Mais le petit animal était si affamé de serrures que son maître devait bientôt ressortir à la recherche d’autres effractions, si bien qu’il trouvait peu de repos.

Je ne voulus pas faire alliance avec cet homme, je lui dis que moi ce que je préférais dans la vie, était de sortir. Il eut un regard blanc. Nous n’étions pas du même bord, voilà tout, sans quoi j’aurais fait alliance avec lui. Il me plaisait sans me convenir.